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Manille (Philippines), du 4 au 12 novembre
Championnat du Monde 9-Ball
Alcano entre dans la légende
Ronnie Alcano remporte le titre tant convointé de Champion du monde au jeu de la 9. En battant l'une des légendes du sport, Ralf Souquet, et qui plus est devant ses fans philippins, il devient un nouvel homme. A 34 ans, il succède à Efren Reyes et Alex Pagulayan, tous deux également champions du monde originaires des philippines.
Lors d'une finale qu'il a totalement dominée, en prenant très vite une avance de 4 parties, Alcano n'a laissé aucune chance à Souquet qui jouait une troisième finale en 10 ans lors de cette compétition. Le champion allemand n'a pu tenter une remontée que lorsqu'il était mené 9 à 2, et s'incline finalement 17 à 11, en laissant bille en main à son adversaire sur une dernière combinaison 1-9. La casse d'Alcano lui permettait d'avoir un pourcentage de réussite impensable à ce mode de jeu : toujours placé sur la 1 qu'il ramenait sur la poche du centre - tout en ayant rentré la bille de coin - il s'assurait 90% de cassés fermés. Il put ainsi tranquillement prendre le large alors que Souquet accumulait malchances, mauvais contacts et quelques mauvais choix. Le match, qui aura duré trois heures, est un modèle du genre tant la qualité de jeu démontrée par le philippin fut exceptionnelle.
D'ici la fin de l'année, il reste à Ralf Souquet une compétition - la Mosconi Cup - pour mettre la cerise sur le gâteau d'une année fantastique : vainqueur du tournoi de 9ball au Derby City Classic en janvier, puis du BCA Open, des World Pool Masters, des Championnats d'Europe... tout cela au jeu de la 9, il s'offrait à Manille l'occasion de réaliser l'année parfaite. Si Alcano l'a empêché de coiffer une deuxième couronne à la 9, il faudra que les Américains soient très forts pour stopper l'équipe d'Europe dans une Mosconi Cup qui n'a jamais semblée aussi "équilibrée". En Hollande, Souquet sera le seul joueur de son équipe à avoir un pourcentage victoires/défaites positif (51%) dans la compétition et sera le leader naturel de la formation du vieux continent.
Au moment du bilan de ces championnats, force est de constater que l'Asie semble bien être le réservoir de jeunes talents qui vont former l'élite du sport de demain. Qu'ils viennent de Chine, de Taipei, ou bien sûr des Philippines, les Fu, Li, Wu, Yang, de Luna mènent la vie dure aux Européens, et bien sûr aux américains. Le double champion du monde 2005 (8ball & 9ball) Chia-Ching Wu, actuellement agé de 17 ans, semble avoir pris une autre dimension lors de ce championnat où il ne fut stoppé que par Alcano. Il confirme en avançant jusqu'en quarts de finale que ses exploits de l'année précédente n'étaient pas un feu de paille et qu'il entend bien s'installer en tête de l'élite mondiale dans les années à venir.
Pas un américain dans les 32 derniers : cela n'était jamais arrivé depuis la création du championnat de 9ball WPA, en 1991. Dominants dans les années 90, les Américains cherchent une nouvelle génération de champions que seuls Mike Davis, Gabe Owen ou encore Corey Deuel semblent pouvoir incarner - tout en ayant tout à prouver pour succéder à des Archer, Strickland, Sigel ou encore Varner.
Afin de relativiser la contre-performance de certains joueurs (et notamment des Américains), il convient d'ajouter que juste avant le début de la compétition, le début de faillite de l'IPT a été annoncé de l'autre côté du pacifique. En effet, Kevin Trudeau ne paiera que 33% des gains promis à Reno, et n'annonce plus de dates pour les Opens à venir. Pas mal de joueurs avaient déjà (à raison) considéré ces gains comme "acquis" et n'ont pas pu trouver assez de ressources pour se concentrer lors de la compétition de Manille. Parmi eux Rodney Morris, qui voit s'envoler plus de 100.000$ et s'incline lors des phases de poules, victime collatérale du désastre de l'IPT.
Pour plus d'infos, de résultats et les excellentes photos de Lawrence Lustig, rendez-vous sur www.worldpoolchampionship.com
J.P.P. |
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