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Billard Français - 3 Bandes - Interview Kozoom

Difficile de survivre en ces temps de crise

Publié par le 2 mai 2020

Difficile de survivre en ces temps de crise

© Dirk Acx
Trois propriétaires de club : Nico Peeters, Danielle le Bruyn et Marc Verhaegen

La scène est mondiale et étendue, mais ce n'est un secret pour personne que le secteur de la restauration, restaurants et cafés, est l'un des plus touchés en cette période de crise. Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, les propriétaires de cafés attendent avec impatience le jour où les mesures seront plus souples et où les portes pourront enfin être rouvertes. Cela vaut certainement aussi pour les cafés qui sont étroitement liés aux sports de billard. Les compétitions ont été arrêtées, les événements sont annulés et il n'y a aucune perspective de nouveau départ. Le bastion du HCR Prinsen à Haarlo a annoncé de manière inattendue ces jours-ci le retrait de l'équipe de tête avec Jaspers, Blomdahl et Leppens. Le niveau de l’eau monte dangereusement dans le monde du billard.

 

Kozoom s'est entretenu avec les propriétaires de deux clubs belges et d'un club néerlandais, connus dans le monde du billard. Cinq questions à trois personnes : la souffrance silencieuse en coulisses.

 

- Danielle Le Bruyn de De Ploeg à Zoersel (4 tables 3m10, 6 tables 2m40).

 

- Nico Peeters de 's Lands Welvaren à Kwadendamme (2 tables 3m10, 2 tables 2m40).

 

- Marc Verhaegen d’Op de Meir à Emblem (2 tables 3m10, 1 table 2m40).

 

Kozoom/Frits Bakker : Quand avez-vous dû fermer les portes de votre entreprise ? Et à quoi ressemblent vos journées depuis cette fermeture ?


Danielle Le Bruyn : Le 12 mars, nous avons appris en Belgique que nous devions fermer notre café le lendemain. Pour une période inconnue. Nous sommes maintenant le 1er mai et nous avons terminé presque tous les travaux que nous avions toujours repoussés. Le grand nettoyage, toutes sortes de petits travaux. La peinture ici et là (je ne savais pas que je pouvais). Et penser aux tournois que nous voulons organiser quand nous recommencerons.

 

Marc Verhaegen : Fermeture obligatoire à partir du 14 mars et nous apprenons à vivre avec ce quotidien. Nous nous promenons en extérieur, toutes sortes de choses comme le nettoyage, dans notre entreprise et en privé. La seule bonne chose pour nous, c'est l'aspect social, faire des choses ensemble, cuisiner, manger ensemble, regarder la télévision. Ce n'est pas habituel dans la vie normale pour les couples qui vivent dans un café/billard. Il semble que l'on s'entraîne pour la retraite. Et, nous prenons tous les deux soin de nos mères, qui sont en bonne santé.

 

Nico Peeters : Nous avons fermé aux Pays-Bas le dimanche 15 mars. J'ai commencé par un grand nettoyage, l'entretien, le retour des boissons à la brasserie, beaucoup de paperasse et beaucoup de réflexion ces dernières semaines. J'ai un autre passe-temps agréable : la moto. Ma collection : quatre motos, dont deux Harley. Mais je dois dire que les journées sont longues et tranquilles, c'est irréel ce qui arrive.

 

 

Kozoom/FB : Depuis quand travaillez-vous dans le monde du billard et de la restauration ? Et à quel point est-il difficile de faire face à cette crise ?


Marc Verhaegen : Nous sommes dans le métier depuis 1983 après avoir pris la relève de mes parents. Nous sommes passés d'un petit pub brun au concept contemporain de billard. J'avais moi-même un autre passe-temps : le motocross à haut niveau. En 1981, j'ai même été champion de Belgique en 500 cc. Dans le café, nous avons toujours eu un club de billard. Le BC Boef a été fondé en 1930 et a redémarré en 1946. Il est membre du KBBB depuis 1991. L'impact final de cette crise reste à voir. Ma meilleure période est actuellement perdue en raison de l'annulation des événements de mai et juin. Nous pouvons être sûrs que c'est très dur. Plus cette crise sera longue, plus elle sera difficile.

 

Nico Peeters : J'ai seize ans d'expérience dans le monde de la restauration et du billard, depuis 2004. Et le coup de la pandémie nous frappe durement. Pendant le week-end du carnaval, le défilé a été annulé en raison d'une tempête. Ensuite, le billard a été fermé. Cinq autres manifestations seront certainement annulées en raison de la crise. Les conséquences financières sont désastreuses.

 

Danielle Le Bruyn : Je suis active dans ce domaine depuis l'âge de 16 ans, d'abord avec mes parents et maintenant de façon indépendante depuis 25 ans. Peu importe la difficulté de la situation, nous devons la surmonter et redémarrer le plus vite possible. La compétition a complètement cessé, il n'y a plus de matchs et le fait que nos moments récréatifs quotidiens n’existent plus signifie qu’il n’y a plus aucun revenu.

 

 

Kozoom/FB : Qu'est-ce que cela signifie pour les clubs et les équipes, et pour les sponsors ?


Marc Verhaegen : Nous sommes actifs avec dix équipes dans la ligue nationale, quatre équipes régionales sur table de match, douze équipes  sur petite table. On ne peut pas dire ce que l'avenir nous réserve. Nous avons construit une base saine pour notre activité de billard avec un maximum de roulements. Espérons que cette structure reviendra et restera. La première équipe est censée prendre un nouveau départ, mais il y a beaucoup de questions, par exemple sur le sponsoring. Inutile de prédire que ce sera très difficile.

 

Nico Peeters : Difficile de répondre à ces questions. Les temps sont incertains pour conserver nos sponsors, c'est sûr. Ils n'auront pas la vie facile dans les années à venir. L'argent des sponsors va diminuer ou s'arrêter dans un avenir proche. C'est compréhensible, ils ont eux-mêmes un grand besoin de cet argent. En ce qui concerne les équipes, nous avons neuf équipes sur petite table, dix sur table de match, dont une équipe de 3 Bandes en première division et une équipe de 3 Bandes en Buffalo League.

 

Danielle Le Bruyn : Je suis active dans ce domaine depuis l'âge de 16 ans, d'abord avec mes parents et maintenant de façon indépendante depuis 25 ans. Peu importe la difficulté de la situation, nous devons la surmonter et redémarrer le plus vite possible. La compétition a complètement cessé, il n'y a plus de matchs et le fait que nos récréologues quotidiens nous manquent signifie qu'ils n'ont plus de revenus du tout.

 

 

Kozoom/FB : Recevez-vous un soutien financier du gouvernement, afin que vous puissiez survivre pendant ces mois ?


Marc Verhaegen : Le gouvernement prévoit une aide unique de 4000 euros (première période). Pour la deuxième période, nous ne sommes pas encore sûrs, mais un don quotidien de 160 euros est prévu. Chacun doit faire une facture pour lui-même. La survie est possible, la question est de savoir à quoi ressembleront le billard et le paysage des affaires après le Corona.

 

Danielle Le Bruyn : Nous recevons un certain soutien, mais il ne couvre pas tous les frais. Cela ne permettra pas de survivre longtemps.

 

Nico Peeters : Le gouvernement fournit un soutien, mais il est insuffisant pour payer les frais mensuels. Il n'y a pas de revenus, il y a toujours des  coûts et la richesse diminue. Un nouveau programme d'aide est en cours. C’est très incertain pour les clubs et les équipes. Les membres et les joueurs se posent de nombreuses questions. Des mesures sont nécessaires pour l'entreprise, sinon ça ne se terminera pas bien, je le crains.

 

 

Kozoom/FB : Qu'attendez-vous de la première période pour que le billard reprenne et que le commerce puisse reprendre avec son cortège de mesures pour les joueurs et les visiteurs ?


Marc Verhaegen : Selon le gouvernement, il est possible que nous ouvrions le 8 juin, ce qui me laisse encore beaucoup de doutes. Je suis un optimiste modéré. Quelque part, l'entreprise ouvrira progressivement. Mais seulement à l'extérieur, avec des terrasses, dans des restaurants, à une distance suffisante. Les regroupements de gens dans une petite pièce, comme dans les cafés, ne seront pas encore autorisés. C'est un sacré choc, à juste titre bien sûr, la santé prime. La question reste de savoir si les cafés seront rentables. Vous pouvez jouer au billard à deux, mais ce n'est pas tout. Cela ne reviendra à la normale qu'avec la découverte du vaccin et/ou du médicament. Le printemps 2021 ? Bien sûr, je n'espère pas perdre de clients, en obtenir davantage est une utopie. Le vieillissement du billard est en hausse depuis de nombreuses années. Comment ces personnes font-elles face à la nouvelle situation. Seul le temps nous le dira.

 

Nico Peeters : Economiquement, la distance minimale de 1m50 sera difficile dans notre métier. Les joueurs de billard sont généralement un peu plus âgés, donc un groupe à risque. J'ai assez de place dans mon café pour que deux hommes puissent jouer et s'entraîner sur table de match. Pour les matchs du district, sur petite table, je prévois des problèmes. Les spectateurs ne seront pas encore autorisés à venir. Bref, la fédération de billard traverse une période difficile. Ils devront faire l'inventaire et décider comment poursuivre notre sport.

 

Danielle Le Bruyn : Les attentes sont mitigées. Beaucoup de clients et de joueurs reviendront avec plaisir. Avec un public un peu plus âgé, il sera moins nombreux au début. Nous verrons quelles mesures devront être prises. Manger et boire avec un masque buccal ne sera pas facile.

 

                            

 

                  Danielle Le Bruyn dans son café avec Orie Hida et Therese Klompenhouwer

 

                            

 

                    Marc Verhaegen en 1981 : Champion de Belgique de motocross en 500 cc

 

                            

 

                                Nico Peeters et sa passion :  quatre motos dont deux Harley

 

                          

Merci à tous pour les interviews, bonne chance et prenez soin de vous (Kozoom).

 

(Traduction de l’interview en langue anglaise de Frits Bakker)

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